Antigone, Jean Anouilh
« L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par cœur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous…
«L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par cœur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre.»
Lecture au programme de 3e, j’étais curieuse de découvrir la version d’Anouilh de ce mythe. Je dois avouer qu’elle m’a un peu plus convaincu que la version de Médée.
Le personnage d’Antigone en lui-même est pour beaucoup dans les arguments en faveur de l’auteur. Elle m’a fasciné dans son combat pour ses principes, dans son entêtement à vouloir être fidèle à ses engagements, au point de souhaiter la mort.
Créon, dans son ambiguïté, m’a captivé également. Plus nuancé que dans d’autres versions, c’est ici un personnage marqué par son attachement envers Antigone, qu’il cherche à sauver malgré elle, mais aussi cette froideur face aux frères de celle-ci, qu’il n’hésite pas à instrumentaliser pour son intérêt propre.
Les thématiques de la rébellion et du pouvoir autoritaire restent toujours aussi intéressantes à étudier dans cette pièce. J’ai beaucoup apprécié les échanges d’idées entre les personnages, véritables joutes verbales par moment, mettant en valeur les différentes thèses des personnages et permettant une réflexion pour le lectorat.
En revanche, j’ai eu beaucoup de mal avec le mélange des époques. Autant, une réécriture moderne d’un mythe ne me dérange pas habituellement, autant ici, j’ai eu du mal à poser une époque et à visualiser les choses correctement. L’intention, peut-être, de l’auteur était de rendre sa pièce atemporelle, mais cela m’a donc plus perturber qu’autre chose, ne sachant pas sur quel pied danser.
C’est donc, en conclusion, une pièce très intéressante, avec de bons points positifs, mais loin de mes coups de cœur habituels pour le théâtre antique, qui reste toujours premier dans mon cœur.