Sabbah de Babel
Littérature générale6 août 20233 min de lecture

Ce qu'il nous reste, Erik J. Brown

Jamie vit reclus dans le chalet qu’il a un jour partagé avec sa mère. Depuis que la quasi totalité de l’humanité a été rasée de la surface du globe par un virus, il l’a bien compris : la solitude est sa seule chance de survie. Mais lorsque Andrew déb…

Ce qu'il nous reste, Erik J. Brown
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Jamie vit reclus dans le chalet qu’il a un jour partagé avec sa mère. Depuis que la quasi totalité de l’humanité a été rasée de la surface du globe par un virus, il l’a bien compris : la solitude est sa seule chance de survie. Mais lorsque Andrew débarque sur son perron, blessé, misérable et visiblement suicidaire, une autre vérité fait surface : il est incapable d’appuyer sur la détente. Pourquoi lui fait-il si spontanément confiance ?
Lorsque le danger les force à prendre la route, Jamie se méfie avant tout des survivants désespérés (et des fusils). Mais petit à petit, sa suspicion change de camp. Les incohérences dans le récit du passé d’Andrew se multiplient. Jamie a-t-il bien fait de renoncer à son isolement ? Quel secret cache Andrew ? Doit-il se fier à son instinct ou à ses sentiments ?


Si je n’étais initialement pas trop dans un mood romance, force est de constater que l’auteur sait nous entraîner dans son histoire et nous faire apprécier les personnages, parce que j’ai directement été happée !!

J’ai beaucoup apprécié l’ambiance ; si elle est post-apo, elle ne dresse pourtant pas le portrait d’un monde où tout espoir est perdu. Pour autant, l’univers dans lequel évolue les deux personnages est loin d’être tendre : après une terrible épidémie, la population humaine se retrouve décimée et la société telle qu’on la connait aux États-Unis s’est effondrée.

Tout est alors une question de survie, et les comportements les plus questionnables ne sont plus remis en question.

Malgré cette triste réalité, Jaime et Andrew se trouvent... Enfin plutôt, le chaos absolu qu’est Andrew se retrouve sur le pas de la porte de Jamie, qui a simplement trop de cœur pour laisser quelqu’un mourir devant lui sans rien faire. Les deux garçons sont d’abord très méfiants l’un envers l’autre… jusqu’à ce qu’on se rende compte, en tant que lecteur ou lectrice, qu’ils sont de véritables catastrophes queer ! Si Andrew comprend dès le début la nature de son attirance envers Jamie - à son plus grand dam-, ce dernier met plus de temps à interpréter ce qu’il ressent, et se découvre au fur et à mesure de son périple avec Andrew.

Si la romance est un élément central du roman, elle laisse cependant beaucoup la place à une intrigue qui a son autonomie, et c’est une véritable force pour ce livre. Les personnages ont un objectif et le roman s’achève à la fin de cette intrigue, ce qui permet de très bien conclure !

Les personnages secondaires sont une autre force de Ce qu’il nous reste. Si certains sont absolument horribles, incarnant ce qu’il y a de pire chez l’humain, d’autres sont touchants, humains, véritablement Beaux... Le frère et la sœur qui restent des mois durant pour aider d’autres rescapés à trouver une autre solution que celle de l’avion, la jeune aubergiste qui prépare l’itinéraire pour Andrew et Jamie, les sortant ainsi d’un mauvais pas, et bien sûr Henri qui les accueille, les héberge et les traite comme ses petits enfants, ces personnages sont véritablement marquants et apportent une profondeur inattendue au récit.

Ce qu’il nous reste a donc été une romance très intéressante, très chouette, tout en nuance et en contraste, entre la beauté d’un amour naissant et l’horreur d’un monde post-apo, entre quête de soi et environnement où tout repère a disparu, entre cruauté et bonté.

Un véritable coup de cœur !