Littérature générale6 septembre 20234 min de lecture
Evil 1 : Vicious, V. E. Schwab
Le combat du mal contre le mal absolu. Autrefois, Eli et Victor étaient les meilleurs amis du monde. Mais cette époque est bien finie. Elle est même… morte et enterrée. À la fac, Eli le brun et Victor le blond partagent la même chambre. Ils sont insé…
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Le combat du mal contre le mal absolu. Autrefois, Eli et Victor étaient les meilleurs amis du monde. Mais cette époque est bien finie. Elle est même… morte et enterrée. À la fac, Eli le brun et Victor le blond partagent la même chambre. Ils sont inséparables et pourtant absolument aux antipodes l'un de l'autre. Victor, c'est l'ombre : complexe et torturé, il passe ses journées à noircir les ouvrages de développement personnel de ses parents pour laisser apparaître des slogans d'un pessimisme saisissant. Eli, c'est la lumière – un garçon fascinant, doté de toutes les qualités, charismatique et solaire. Pourtant, sous la surface lisse du visage parfait de son ami, Victor entrevoit des démons inavouables. Et il n'est pas au bout de ses surprises… Car un jour, Eli fait la découverte du siècle : des pouvoirs surhumains semblent se manifester chez ceux qui ont subi une expérience de mort imminente. On les appelle des EO – pour " ExtraOrdinaires ". Aveuglés par l'ambition et la curiosité, les deux amis se lancent un défi insensé : celui de frôler la mort pour percer ce mystère. Malheureusement, leur tentative tourne au désastre. Dix ans plus tard, Victor croupit en prison, tandis qu'Eli est acclamé en héros. Mais ce que le monde entier ignore, c'est que le véritable monstre rôde dehors, en toute liberté…
Après la claque monumentale qu’a été Six of Crows (et un dévorage de livre post-mémoire), je me suis retrouvée dans une sorte de vide de lecture, où j’avais du mal à me faire entraîner dans une lecture… Ce n’était pas tant que les livres étaient mauvais, mais plutôt que je n’étais soit pas dans le bon mood, soit que ce n’était pas le bon moment pour entamer cette lecture précise. Bref, tout ça pour dire que j’étais bien en peine de retrouver quelque chose qui me plairait.
Je me suis dit que j’allais tenter un nouveau livre mais d’une autrice dont j’avais apprécié déjà une oeuvre ; j’ai donc demandé à Nawal de me trouver un V. E. Schwab qui m’aiderait à me remettre de Six of Crows. Ce qu’elle a fait avec brio !
Me voilà donc avec Vicious en main, avec pour pitch “c’est Marvel, mais du côté des méchants”. C’est en fait un peu plus que ça, comme toujours avec V. E. Schwab, et c’est ce qui a fait de ce premier tome une lecture extraordinaire (ah-ah). Nous suivons Victor, le sociopathe en chef de l’université de Merit, qui se voit affublé d’un nouveau colloc. Nouveau colloc qui, il le sent, n’est pas comme les autres, cache une part sombre en lui. Eliot Cardale est en effet le psychopathe en chef de Merit. C’est ce qui fait toute la saveur de leur relation, à mon sens : Victor est fasciné par Eli, qui, s’il ressemble sur certains points de sa psyché à Victor, sait totalement passer inaperçu auprès des autres. Eli, lui, est intrigué par ce colloc avec qui il s’entend si bien… Entre les deux étudiants, tout est une question d’attirance, de curiosité mutuelle.
Tout se cristallise quand Eli choisit pour sujet de mémoire les EO, des personnes ExtraOrdinaires, qui possèdent des pouvoirs surnaturels, dont l’existence est controversée. Rivalité, jalousie, désir d’être vu, comment vous dire que ces deux-là auraient gagné à coucher ensemble… Mais ce n’est pas le cas. Et donc ils sont frustrés. Et tout dérape. Ils veulent se détruire mutuellement. Ils veulent faire souffrir l’autre. Et pour ce faire, Victor établit un plan sur 10 ans, Eli se retranche dans sa foi.
Je suis de nouveau tombée amoureuse de l’écriture de V. E. Schwab, des thématiques qu’elle aborde, des personnages si morally grey qu’ils sont presque noirs d’encre. Les retours incessants entre lointain passé, passé et présent, entre une narration concentrée sur Victor puis sur ses acolytes qui doucement glisse vers Eli, tout est fait pour nous entraîner dans cette histoire.
Le climat d’insécurité est vraiment très intéressant : tout pourrait se passer, aucun personnage n’est à l’abri de la mort, et pourtant ils continuent tous d’avancer vers leur revanche.
J’ai beaucoup apprécié comme l’autrice nous donne non seulement les motivations des personnages principaux mais également des personnages secondaires, qui ont tous leurs propres vision du monde, intérêts et failles.
Les relations entre les protagonistes sont merveilleusement bien écrites, très réalistes et à la fois très différentes en fonction de chacun. Le topos de la found family fonctionne à fond du côté de Victor, Sydney et Mitch, et c’est très chouette de voir leur dynamique évoluer et s’installer.
Tout m’a vraiment totalement conquise dans ce premier tome ; cependant, ce qui m’a fait réellement fait avoir un coup de cœur, outre la psychologie, c’est la ferveur religieuse d’Eli. Sa relation a Dieu est très travaillée et très intéressante, tant dans sa foi que dans l’application qu’il en fait.
Une intrigue dingue, des perso encore plus barrés, une plume délicieuse, bref, ce premier tome a été un véritable coup de cœur, et je n’ai qu’une hâte : commencer le second !!