FitzChevalerie, un héros d'épopée
Comme nous l’avons abordé dans l’article précédent, on reconnaît certains topoi littéraires tirés de l’Antiquité dans l’ Assassin Royal . Mais ce qui frappe le plus cependant, c’est la dimension épique qui se dégage de cette œuvre, principalement au…
Comme nous l’avons abordé dans l’article précédent, on reconnaît certains topoi littéraires tirés de l’Antiquité dans l’Assassin Royal. Mais ce qui frappe le plus cependant, c’est la dimension épique qui se dégage de cette œuvre, principalement au travers de son personnage principal. Observons cela de plus près.
Commençons tout d’abord par le commencement : FitzChevalerie. Fils bâtard de l’héritier du trône, Chevalerie, il devient l’assassin du trône des Loinvoyant, sa famille paternelle. Le nom même de son père, qu’il porte aussi d’une certaine manière, annonce la nature héroïque du personnage. Les chevaliers sont en effet considérés comme des héros à l’époque médiévale et sont inspirés par les héros de l’Antiquité : la gloire militaire, le courage au combat primant sur tout le reste.
Sa qualité d’assassin en fait certes un anti-héros au premier abord mais Fitz coche les cases d’un héros : courageux, combattant capable de grands exploits, laissant une trace importante dans la mémoire et dans l’Histoire de son pays. On remarque également que c’est un homme de lignée royale. Certes, bâtard, mais il partage le sang des rois et reines des Six-Duchés, ce qui le rapproche d’Ulysse, roi d’Ithaque, Ménélas, roi de Sparte ou encore de Hector, prince de Troie et d’Achille, prince de Phthie.
Il est intéressant de noter également le fait que l’arme de prédilection de Fitz est la hache, lui permettant une force brutale qui n’est pas sans rappeler celle d’Héraclès. D’ailleurs, Fitz est parfois pris d’une transe violente lors des batailles, qui rappelle encore une fois la folie meurtrière d’Héraclès.
Fitz est donc un grand combattant, sur qui des chansons ont été écrites, que cela soit sur ses exploits guerriers ou encore sur sa folie vengeresse à la fin de la première époque (je n’en dis pas plus, spoiler !). Des histoires (sous forme de chants d’ailleurs !) ont été racontées à son propos, telles les légendes sur les héros antiques, mêlant réalité et mythe, qui lui confère un statut de héros à la fois craint et admiré. Cette ambiguïté chez Fitz le rapproche une fois encore des héros tels qu’Achille ou Héraclès, qui sont à la fois admirés pour leur valeur au combat mais aussi craint pour la violence dont ils sont capables.
Fitz suit également sa quête afin de sauver (et plus d’une fois !) son royaume. Il passe d’obstacles en obstacles, de blessures en blessures, passant même par la mort pour en revenir. Là encore, on peut y voir une sorte de catabase (cf. l’article sur les topoi littéraires !) un peu réarrangé mais tout de même intéressant à lier. Tel Ulysse qui tente tant bien que mal de retourner chez lui, Fitz se voit contraint de quitter sa maison pour répondre à l’appel de son destin. Destin que l’on suit durant plusieurs décennies, telle l’épopée d’Ulysse.
En tout ces points, on retrouve donc chez ce personnage toutes les qualités (et parfois les défauts…) d’un héros de l’Antiquité, qui confère à cette histoire une dimension épique digne des histoires d’Homère.