Sabbah de Babel
20 août 20254 min de lecture

Phantom Busters - Neoshoco

Résumé éditeur : Eugene Korekishi s'apprête à intégrer le lycée de Kamakura, ville du Japon réputée pour ses phénomènes paranormaux. En petit génie des sciences, il ne croit pas à ces légendes... jusqu'à ce qu'il soit attaqué par un spectre le lendem…

Phantom Busters - Neoshoco
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Résumé éditeur :

Eugene Korekishi s'apprête à intégrer le lycée de Kamakura, ville du Japon réputée pour ses phénomènes paranormaux. En petit génie des sciences, il ne croit pas à ces légendes... jusqu'à ce qu'il soit attaqué par un spectre le lendemain de la rentrée ! Il est sauvé de justesse par deux camarades : Mogari, un adolescent capable de dévorer les ectoplasmes, et Kaoru, médium sensible aux esprits.

Si Mogari, descendant d'une illustre famille d'exorcistes, a pu quitter son village perdu dans les montagnes, c'était à condition de chasser les fantômes à Kamakura... Mais il a surtout envie de profiter de ses années lycée ! Pour joindre l'utile à l'agréable, il décide de fonder avec Eugene et Kaoru un club d'activité secret : les Phantom Busters !

Spectres et autres esprits n'ont qu'à bien se tenir ! Entre deux cours, les Phantom Busters enchaînent actes de bravoure et gaffes d'amateurs... Occultisme, action et humour se bousculent dans ce titre totalement déjanté !

Cassie vous en a déjà maintes fois parlé dans nos newsletters, il était donc grand temps de consacrer à cette nouvelle série de manga une chronique !

Nouveauté de début d'année aux éditions Ki-oon, Phantom Busters m'a de suite attirée, à la fois par sa couverture très pop et colorée mais également par sa thématique fantôme et tranche de vie au lycée.

Le trait, quoique assez classique, est maîtrisé et très lisible, ce qui donne des scènes d'action à la fois dynamiques et fluides. Puisque c'est l'un des premiers manga de l'autrice, cela me semblait important de le préciser : on sent qu'elle en a sous la pédale, ce qui n'annonce que du bon pour la suite !

Si l'intrigue est elle aussi assez classique, nous faisant ainsi suivre les aventures d'un groupe de garçons aux pouvoirs surnaturels qui tentent de chasser les fantômes de la ville, elle fait néanmoins mouche. Et pour cause, les personnages, introduits au fur et à mesure, s'imposent tous comme complets : dès leurs premières apparitions, on arrive à saisir leurs caractères, puis on apprend peu à peu à les découvrir plus en profondeur, à les voir évoluer avec les autres et s'adapter au groupe.

Le classique s'arrête cependant là. La narration prend le contrepied des shonen plus traditionnels en ce qu'elle suit avant tout Eugene Korekishi, l'étudiant modèle mais sans aucun pouvoir de la bande. S'il est dans le groupe des Phantom Busters, c'est clairement parce que Mogari, l'exorciste en chef, a décidé qu'ils seraient potes (et pour faire de la paperasse). C'est assez intéressant d'avoir ce personnage finalement “pas shonen” comme point de focalisation narrative.

L'autre point d'intérêt, c'est que la marge d'évolution des personnages se concentre sur leurs capacités sociales et non pas tant surnaturelles. Apprendre à communiquer, à partager des informations, à créer des plans, ou juste sociabiliser en faisant une sortie entre copains, c'est ce qui est mis en avant. Le surnaturel est là, évidemment, mais les pouvoirs sont globalement maîtrisés, c'est l'état d'esprit qui est à développer, ce qui se détache pas mal de la plupart des shonen où les protagonistes ont déjà la mentalité de héros et héroïnes - Deku n'a pas de pouvoir mais la volonté d'aider et de participer, Lucy est en quête d'une guilde pour s'améliorer et faire groupe, Maka veut rendre Death Valley sûre et évoluer avec Soul au rang suprême. Il est finalement toujours questions d'améliorer des compétences physiques, psychiques ou magiques, pas émotionnelles, parce que c'est déjà acquis.
Or l'adolescence, c'est justement la période d'acquisition de compétences émotionnelles - les amis, les rivalités, les déceptions, le balancement des émotions et des changements, etc.
Et c'est ce que promet dès les premières pages Phantom Busters ! Naviguer les affres du lycée, découvrir les plaisirs de l'adolescence, tout en affrontant des fantômes, un conseil des élèves et peut-être aussi une famille un peu toquée.

Avec cet accent mis sur les personnages, ce shonen "classique" se transforme en un petit doudou pas si classique. Et j'espère que ce côté iconoclaste continuera, surtout en ce qui concerne le développement des relations interpersonnelles des quatre garçons du groupe. Une amie m'a soufflé que l'actrice avait écrit quelques boys loves avant cette série ; ça serait franchement incroyable que l'éternel homoérotisme entre les deux personnages principaux masculins se transforme en vraie romance !
Plus qu'à suivre la série pour savoir si mon vœu se réalisera 🤭

Bref, deux premiers tomes prometteurs, qui nous plongent directement dans l'univers et qui ont en plus la bonne idée d'être super sympa, que demander de plus !
Je n'ai qu'une question pour la personne qui a traduit du japonais : comment est sensé être prononcé "Eugène" et par conséquent son surnom "Yujin" ? J'ai juré ça me rend folle le type est british donc en toute logique son prénom se prononce [i-ou-djïne] donc est-ce que Yujin ça se dit [i-ou-jïne] ? Aidez-moi.