Scholomance, tome 3 : Les enclaves dorées, Naomi Novik
La seule chose dont on ne parle jamais quand on a est à Scholomance, c’est de ce qu’on fera quand on en sortira. Même le plus riche des enclavés ne tenterait pas le destin de cette façon. Mais c’est tout ce dont nous rêvons : franchir les portes…
La seule chose dont on ne parle jamais quand on a est à Scholomance, c’est de ce qu’on fera quand on en sortira. Même le plus riche des enclavés ne tenterait pas le destin de cette façon. Mais c’est tout ce dont nous rêvons : franchir les portes en vie.
Le rêve impossible est devenu réalité. Je suis sortie, et je n’ai même pas eu à me transformer en une monstrueuse sorcière des ténèbres pour y parvenir. Nous avons sauvé la promotion, rendu la terre sûre pour tous les sorciers et apporté la paix et l’harmonie dans toutes les enclaves.
Ha, je plaisante ! En fait, tout a mal tourné...
Je vous ai dis dans la précédente chronique que je m'étais jetée sur ce tome après l'horrible fin du deuxième tome. Avec une urgence aussi désespérée qu'El, j'ai parcouru les pages pour avoir réponse à mes questions. Je ne m'attendais pas à ce que j'allais trouver.
L'avantage de ce troisième tome est qu'il débute tout de suite après la fin du second. On retrouve donc El au même point où on l'a laissé, dans cet état de choc puis de colère et de désespoir, qui nous habite tout autant. Ce tome nous emporte donc tout de suite dans l'urgence, créant une parfaite immersion si on enchaîne les deux tomes.
J'avais un peu peur de ce dernier tome. Comme les élèves de la Scholomance, je ne savais pas à quoi m'attendre une fois dehors, comment recréer de l'enjeux, de la tension alors que le but premier de cette histoire était de sortir de l'école. Cependant, l'autrice a su capter l'intérêt de son lectorat en filant quelques fils qu'elle récupère à la sortie de l'école et qui s'avère d'une importance capitale.
Un tout autre enjeux, étroitement lié à l'école et ses élèves, notamment cette fameuse prophétie qui hante El depuis son enfance. L'autrice prend le temps de tisser son univers et ses intrigues pour nous guider subtilement vers les réponses à nos questions. Malgré la complexité de l'univers, on arrive à comprendre ce qui se joue et on découvre avec une délicieuse horreur les dessous de son monde.
Je radote mais la diversification ethnique est réellement un point fort de la trilogie, selon moi, et ce troisième tome ne fait que confirmer mon opinion. J'ai adoré voir El passer d'un pays à un autre du monde, à voir comme les enclaves du monde entier s'organisent en fonction de leur culture et de leurs croyances. En apprendre un peu plus sur le peuple d'El a aussi été un vrai plaisir.
En parlant d'El, mon amour pour ce personnage est monté crescendo au fil des tomes. Si elle m'a tout de suite paru intéressante et originale, prenant le contrepied de l'héroïne traditionnelle avec sa colère explosive, elle a aussi su attirer mon affection par sa persévérance à vouloir faire le bien. J'éprouve beaucoup d'admiration pour l'évolution psychologique de cette jeune femme qui se montre d'une sagesse étonnante pour une jeune adolescente. Elle m'a beaucoup fait penser à Scarlett Witch, cette femme puissante et donc d'office considérée comme dangereuse, malgré sa propre volonté d'agir pour le bien.
J'ai du mal à poser les mots sur ce troisième tome car je veux, à nouveau, vous laissez découvrir par vous-mêmes comment El navigue dans ce nouveau monde dans lequel elle entre après les horreurs de la Scholomance. Je peux en revanche vous dire que j'ai énormément aimé la morale qui se dégage de ce récit, qui aborde le thème du bien et du mal évidemment mais surtout de la zone grise qui se situe entre les deux, de la conscience, du bien commun. La question "la fin justifie-t-elle les moyens ?" est au cœur de ce troisième tome, plus ancrée encore que dans les deux premiers tomes et élargie à une plus grande échelle.
Je vais donc conclure en vous rappelant que cette trilogie est vraiment une belle histoire, captivante, entraînante, qui participe à un message de tolérance et d'ouverture d'esprit en questionnant la morale de la fin et des moyens que l'on se donne pour l'atteindre. Une histoire qui met au coeur de son récit l'apprentissage, les langues et la diversité. Et surtout, qui met à l'honneur une femme forte, une anti-héroïne comme les aime.