Sabbah de Babel
25 septembre 20234 min de lecture

Toilet-bound Hanako-kun, AidaIro

Résumé éditeur : Une rumeur court sur l’existence de sept mystères qui hantent les murs de l’école Kamome. Parmi ces faits inexpliqués, on raconte qu’un esprit du nom de Hanako se trouverait au troisième étage du plus ancien bâtiment et qu’il exaucer…

Toilet-bound Hanako-kun, AidaIro
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Résumé éditeur :

Une rumeur court sur l’existence de sept mystères qui hantent les murs de l’école Kamome. Parmi ces faits inexpliqués, on raconte qu’un esprit du nom de Hanako se trouverait au troisième étage du plus ancien bâtiment et qu’il exaucerait le vœu de quiconque viendrait le trouver. En classe de seconde dans cet établissement, Nene Yashiro a le béguin pour un garçon. Pourtant, malgré tous ses efforts, cet amour reste à sens unique. La jeune fille ne voit plus qu’une seule solution : s’en remettre à la légende de Hanako, sans se douter qu’accéder au bonheur requiert toujours une contrepartie…

Alors. Oui. Je sais. L’illustration de la chronique est… particulière. Ce qu’il faut savoir, c’est que vous, vous ne voyez que le résultat final. Mon copain lui a eu le droit à la mise en place, alors qu’il faisait à manger, et il m’a regardée prendre des objets toujours plus incongrus pour les mettre dans les toilettes. Quand il a vu le résultat final, son visage est passé par tout un tas d’expressions, surtout de la confusion, je ne vais pas vous mentir, pour finalement me poser une seule question, la plus importante de toute : “Pourquoi il y a un couteau sur les toilettes au milieu de tout ces bonbons ?”

Excellente question, vous en conviendrez ! Sachez qu’elle résume très bien cette série de manga. On suit en effet Hanako, un esprit qui est devenu un mystère de son école, c’est-à-dire une sorte de légende urbaine qui s’est concrétisée, dont la tâche est de réaliser les vœux des vivants. Son domaine, c’est les toilettes des filles (les aléa du remplacement que voulez-vous), et c’est là qu’il rencontre Yoshiro Nene, une seconde qui voudrait vraiment avoir un copain, et si possible un beau copain. Tout a un prix, évidemment, et donc pour réaliser son voeu… ah, l’humaine vient de se mettre dans le pétrin.

Parce que oui, clairement, Nene a l’art et la manière de se fourrer dans de beaux draps, de ceux qui recouvrent le mobilier de l’au-delà. Si Hanako flotte toujours (une sombre histoire de pacte pour la sortir du pétrin originel) à son secours, armé de son fidèle couteau, il n’empêche que la jeune fille frôle la mort d’un peu trop près… Et si Nene apprécie sincèrement le fantôme, ce n’est pas au goût des exorcistes du coin, qui craignent pour la vie de leur camarade de classe et qui doutent des intentions de Hanako.

Il faut savoir que j’ai vraiment vraiment bien avancé dans cette série (ne t’en fais pas Maman, je les ai empruntés, pas achetés). Elle se dévore d’une traite, et j’ai trouvé ça très chouette qu’il y ait régulièrement des rappels du chapitre clôturant le tome précédent, ce qui permet de lire en plusieurs fois la série. Côté graphique, le coup de crayon d’Aidalro est vraiment phénoménal ! Les personnages sont vraiment très bien dessinés, très distinguables les uns des autres et ils présentent tous leur caractéristiques propres. J’ai beaucoup aimé le fait que les yeux reflètent souvent ce que voient les personnages.

Si l’histoire est absolument géniale, nous y reviendrons, les personnages, leur développement et leur caractère sont également un point fort de ce manga. J’apprécie beaucoup comment la relation entre le trio principal, composé de Hanako, le fantôme hanteur de toilettes, Nene, l’assistante-prêtresse qui se transforme en poisson (le pétrin originel), et Kô, le petit frère exorciste qui tente de tenir la comparaison avec son grand frère, évolue et se transforme d’une entente toute relative par la force des choses à une véritable amitié. Cette évolution se fait en profondeur, et se transcrit à la fois dans les actions des personnages mais aussi dans leurs manières d’être, ce qui donne un relief certain aux protagonistes.

De même, ils font tous bien leur âge, ce qui est vraiment agréable à lire. La traduction joue bien aussi sur le côté plus âgé du fantôme, qui appelle régulièrement Kô “mon garçon”, ce qui, ne mentons pas, n’est guère plus utilisé que par des personnes âgées. En parlant de traduction, les petites références ça et là à des éléments de culture populaire francophone fonctionne très bien pour retranscrire le côté comique d’une parole ou d’une situation.

Loufoque, Toilet-bound Hanako-kun est également à la frontière de plusieurs genres : le manga est classé shonen, et de fait, les rencontres avec d’autres esprits se transforment régulièrement en confrontations. Il reprend aussi beaucoup de codes du shojo, avec une héroïne qui cherche l’amour et qui se retrouve affublée finalement de deux garçons qui sont loin de rentrer dans sa catégorie de beau gosse. Dans ce mélange des genres, nous explorons le monde que nous dépeint Aidalro, en en apprenant toujours plus sur les mystères qui hantent l’école et sur le mystérieux passé de Hanako. Les révélations se font au compte goutte, mais permettent toujours d’ajouter une pièce au puzzle ou au contraire de rebattre les cartes.

Un grand soin a été apportés aux esprits qui cohabitent plus ou moins paisiblement avec les vivants ; j’adore le fait que les Mokke, sorte de… guimauves/moumines fans de sucreries, se trouvent dans presque toutes les planches avec les occupations les plus randoms ou les interrogations, dans une situation critique, les plus terre à terre (et finalement celle que se poserait n’importe quel lecteur s’il se trouvait plongé dans le manga).

Un manga complètement décalé, d’une grande qualité, qui m’a fait enchaîner les tomes comme je ne l’avais plus fait depuis mon adolescence, bref, un coup de cœur absolu ! Un coup de cœur qui d’ailleurs nous plonge bien la période automnale et surtout Halloween, je dis ça, je dis rien, mais eh, c’est de saison ! Et puis les fantômes, c’est cool, voilà.