Wake Siren, Nina MacLaughlin
In fierce, textured voices, the women of Ovid's Metamorphoses claim their stories and challenge the power of myth I am the home of this story. After thousands of years of other people’s tellings, of all these different bridges, of words g…


In fierce, textured voices, the women of Ovid's Metamorphoses claim their stories and challenge the power of myth
I am the home of this story. After thousands of years of other people’s tellings, of all these different bridges, of words gotten wrong, I’ll tell it myself.
Seductresses and she-monsters, nymphs and demi-goddesses, populate the famous myths of Ovid's Metamorphoses. But what happens when the story of the chase comes in the voice of the woman fleeing her rape? When the beloved coolly returns the seducer's gaze? When tales of monstrous transfiguration are sung by those transformed? In voices both mythic and modern, Wake, Siren revisits each account of love, loss, rape, revenge, and change. It lays bare the violence that undergirds and lurks in the heart of Ovid’s narratives, stories that helped build and perpetuate the distorted portrayal of women across centuries of art and literature.
Drawing on the rhythms of epic poetry and alt rock, of everyday speech and folk song, of fireside whisperings and therapy sessions, Nina MacLaughlin, the acclaimed author of Hammer Head, recovers what is lost when the stories of women are told and translated by men. She breathes new life into these fraught and well-loved myths.
J'ai découvert ce livre par Cassie, qui voulait aller à la séance de rencontre avec l'autrice un soir. Elle m'a vendu la chose ainsi : " une conférence sur la transmission des mythes par une autrice américaine". Evidemment, j'ai dis oui et je suis très heureuse de l'avoir fait, parce que la rencontre était passionnante, l'autrice nous a parlé de comment la voix de ces femmes de l'antiquité lui sont venus à la lecture des Métamorphoses d'Ovide et comment elle souhaitait mettre en lumière leur point de vue et leur ressenti qui sont tus dans le classique d'Ovide.
Et quelle voix ! J'ai été subjuguée par cette plume qui s'avère incisive, amère, pleine de rancœur et de colère. C'est du female rage condensé en des petites nouvelles à la forme poétique, qui fait preuve d'une franchise cruellement franche et dure. Vous avez tout un recueil, à la manière et inspirés du texte d'Ovide, de récits de métamorphoses, allant des plus connues (Daphnée, Arachné, Méduse), aux moins connues et prenant donc cette fois le point de vue des femmes. Certaines histoires m'ont honnêtement mise mal à l'aise, j'ai ressenti les émotions de ces femmes de manière viscérale. C'était poignant et captivant mais aussi parfaitement enrageant.
En tant que passionnée par la littérature antique, je sais. JE SAIS la misogynie, le sexisme qui se dégage des mythes. Je l'ai lu, je l'ai étudié, je l'ai enseigné. Mais cette lecture m'a d'autant plus ouvert les yeux et le cœur sur l'injustice banalisée que les femmes subissent par les hommes. C'est à en pleurer de rage et de dégoût. De voir ces femmes qui ne demandent rien, qui subissent les envies et désirs des hommes sans qu'on leur demande leur avis, mais qui, par-dessus le marché, subissent la punition qui est dû aux agresseurs. Transformées en élément naturel et portées par leur agresseur, transformées en monstre pour être tuées par des héros qui gagneront la gloire éternelle.... Les femmes ne sont jamais gagnantes. Humaines, nymphes, déesses, si vous êtes une femme, vous êtes fichues. C'est aussi simple et rageant que cela.
Il n'y a que des termes anglais pour décrire ce que j'ai ressenti à cette lecture : infuriating, maddening. Le français le traduit par l'exaspération. Je ne suis pas satisfaite. J'approcherais plutôt la traduction de ce qui rend fou de rage et de colère. Parce que c'est ce qui arrive à ces femmes : elles deviennent folles. Folles de colère, de rage et d'injustice. Et c'est à juste titre.
Je le disais dans ma chronique sur les Héroïdes, autre œuvre majeure d'Ovide, que je voyais l'auteur comme un féministe avant l'heure. Je le pense encore. Il faut savoir qu'il a repris des récits de mythes connus à son époque pour en faire une épopée. Les femmes y sont présentes, même si elles n'ont pas voix au chapitre. Cependant, cela n'efface en rien la misogynie systémique et banalisée de culture antique, et, j'ose le dire, de notre propre culture la plupart du temps. Car cette lecture ne m'a pas juste frappé par sa justesse de propos concernant la période antique, mais aussi par l'effroyable sentiment d'actualité qui s'en dégage. L'autrice ancre parfois son récit dans un cadre moderne, utilisant les emails par exemple, nous montrant que nous n'avons pas tant avancé que cela sur ce sujet que sont les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes.
Je terminerais donc mon avis par vous dire que ce livre devrait être mis entre les mains de tous et toutes, mais ce n'est malheureusement pas possible. En effet, il y a des thématiques difficiles, notamment des scènes de viols et d'agression qui sont explicites, de la violence et des meurtres. C'est donc un texte destiné à un public averti et à l'estomac accroché. Mais si vous vous en pensez capable, foncez, c'est incroyable.